Article paru dans la revue RF Comptable n°331 septembre 2006
Les épreuves et le programme du DSCG
Les unités d'enseignement du
DSCG se veulent moins monodisciplinaires et plus transversales. Les épreuves seront plus largement contextualisées et proches d'une mise en situation réelle.
L'ensemble correspond à 1 000 heures de formation (durée indicative), soit deux années d'études. Quant à l'échelonnement des épreuves, le choix des candidats sera sans doute de passer en priorité les UE 2, 3 et 5, s'ils n'en ont pas la dispense, afin de réserver les deux épreuves les plus lourdes (1 et 4), ainsi que le grand oral et le stage, pour la seconde année (ces quatre dernières épreuves reconstituant, à peu de chose près, l'actuel DESCF).
Les deux épreuves obligatoires (UE 1 et 4)
- Économie générale.
Dans l'actuel DESCF, deux épreuves sont « obligatoires » en ce sens qu'elles ne peuvent faire l'objet d'aucune dispense : « synthèse de droit et de comptabilité » et « synthèse d'économie et de comptabilité ». Si ces intitulés manifestaient déjà une volonté de transversalité, ils étaient assez ambigus, et les programmes difficiles à cerner : dans les faits, ces deux épreuves portaient respectivement sur la technique comptable et sur le contrôle de gestion (ou la gestion financière). Le nouveau dispositif conserve l'idée de deux épreuves obligatoires, mais :
- en réduit le poids. Compte tenu des coefficients, les deux « synthèses » représentent les deux tiers du DESCF, alors que ces deux UE ne font qu'un peu plus d'un tiers du DSCG ;
- et ne laisse plus aucune ambiguïté sur les contenus.
- L'UE 1 « Gestion juridique, fiscale et sociale » est clairement une épreuve de droit orientée sur la vie de l'entreprise : droit des contrats, droit pénal des affaires, droit de la concurrence, droit des sociétés, droit du crédit. Le droit des regroupements (fusions et groupes de sociétés) y tient une place importante, ainsi que les situations d'entreprises en difficulté ou de transmission d'entreprise. Sur tous les aspects évoqués, les aspects fiscaux sont développés. On peut s'attendre ici à une épreuve présentant une situation pratique relativement complexe, c'est-à-dire ayant plusieurs aspects : l'objectif affiché est de vérifier « l'aptitude à envisager un problème d'entreprise dans toutes ses dimensions juridiques et fiscales ».
- Le programme de l'UE 4 « Comptabilité et audit » est tout aussi clairement défini. En fait, il correspond à ce qu'était, dans les faits, l'épreuve de « synthèse de droit et de comptabilité », puisqu'il couvre :
- les opérations de fusion ;
- la consolidation et les comptes de groupe (aspects fiscaux inclus) ;
- le contrôle interne et l'audit.
Il s'y ajoute une partie « information comptable et management financier » totalement nouvelle, qui couvre notamment la communication financière et l'évaluation financière des groupes en normes IAS/IFRS.
Remarque :
Sur un tel programme, on peut s'attendre à des sujets relativement traditionnels : l'idée de transversalité peut plus difficilement être mise en oeuvre ici que dans l'épreuve précédente.
Les autres épreuves écrites (UE 2, 3 et 5)
- Économie générale.
Ces trois UE constituent la correspondance, au « niveau M », des UE 6, 11, et 8 du « niveau L ».
Dans les trois cas, il s'agit de nouveaux programmes, approfondissant les matières vues dans le DCG, complétant les connaissances en abordant de nouveaux aspects et de nouvelles méthodes, et élargissant les approches.
On peut noter, d'ailleurs, que tous les programmes du DCG sont plus ou moins explicitement repris dans les UE du DSCG, dans cette perspective d'approfondissement et d'élargissement. Il s'agit là d'un choix délibéré, sachant qu'un certain nombre de candidats se présenteront aux épreuves de ce diplôme avec une équivalence totale du DCG : même s'ils n'ont pas passé les épreuves, ils seront contraints d'en maîtriser les programmes, qui constituent de véritables prérequis.
- Ainsi, le programme de l'UE 2 « Finance » introduit par le thème de la valeur, comporte du diagnostic financier approfondi mais aussi les méthodes d'évaluation de l'entreprise, revient sur les décisions d'investissement et de financement ainsi que sur la gestion de la trésorerie, mais s'élargit à l'ingénierie financière.
- L'UE 3 « Management et contrôle de gestion », au vu du programme présenté en deux parties, pourrait apparaître comme dédoublée, faisant écho à la fois à l'UE 7 « Management » et à l'UE 11 « Contrôle de gestion » du DCG. En fait, c'est une fausse apparence : les deux composantes sont reliées par les notions de modèle organisationnel, de choix stratégiques, et de dynamique organisationnelle. Si le contrôle de gestion, dans le DCG, était présenté sous l'angle des outils du pilotage, il s'agit ici de l'envisager au niveau du pilotage stratégique (d'où une partie « stratégie et contrôle de gestion », s'appuyant sur une autre partie « management stratégique »).
De même, la gestion des compétences et la conduite du changement (qui relève de la partie « management ») prennent tout leur sens avec la partie « modifications organisationnelles et contrôle de gestion ».
Remarque :
Il ne faut donc pas s'attendre à deux sous-épreuves, mais plutôt à une étude de cas requérant une synthèse. Ce programme est aussi riche qu'ambitieux et, ici plus qu'ailleurs, le choix des sujets qui seront proposés sera déterminant.
- Enfin, l'UE 5 « Management des systèmes d'information » se situe dans le prolongement de l'UE 8 « Systèmes d'information de gestion » du DCG. S'il s'agissait, au précédent niveau, de connaître et de maîtriser les systèmes d'information, il s'agit ici d'aborder les aspects de gouvernance des SI, de gestion de projet des SI et de la gestion de la sécurité des SI, mais aussi de traiter des progiciels de gestion intégrés (rôle des ERP) et des problèmes posés par l'audit en environnement informatique.
Le grand oral et le stage (UE 6 et 7)
Le DESCF comporte actuellement deux épreuves orales, « soutenance d'un rapport de stage » et « grand oral ».
- L'UE 7 « Relations professionnelles 2 » du DSCG correspond, dans la forme, à la première, à ceci près que la durée du stage est maintenant de trois mois.
Pour le reste, les règles sont les mêmes que celles qui s'appliquent à l'UE 13 « Relations professionnelles 1 » du DCG, et qui sont déjà en vigueur dans le régime actuel.
- En revanche, l'UE 6 « Grand oral » comporte un aspect nouveau important. Comme les textes qui régissent le master prévoient qu'il « ne peut être délivré qu'après validation de l'aptitude à maîtriser au moins une langue vivante étrangère » et qu'il n'était pas possible d'ajouter une épreuve supplémentaire, il a été prévu que le sujet donné au candidat serait accompagné de documents en anglais et que la moitié de l'entretien (de 40 minutes maximum) qui suit l'exposé se ferait en anglais (la présence d'un professeur d'anglais dans le jury est d'ailleurs requise).
Quant aux thèmes qui seront abordés dans cette épreuve, il faut s'attendre à ce qu'ils fassent largement appel à des questions d'actualité, mais aussi qu'ils fournissent l'occasion de tester les connaissances du candidat en économie, seule matière du DCG qui ne trouve pas d'écho dans le DSCG.
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Sources:
Auteur :
Alain Chiavelli
Article paru dans la revue RF Comptable n°331 septembre 2006.
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